Canicules à répétition, records de chaleur pulvérisés, sécheresse exceptionnelle et ensoleillement hors norme… La France vient de connaître l’été le plus chaud jamais enregistré, marqué par une succession de chiffres vertigineux et de phénomènes météorologiques qui resteront longtemps dans les mémoires. Plus chaud que 2003, plus sévère encore que 1976 sur le plan de la sécheresse : 2026 devient une nouvelle année de référence climatique.
Alors même que l’été n’avait pas encore officiellement commencé, une première canicule s’invitait déjà en Vendée à la fin du mois de mai 2026. Un épisode exceptionnel sur lequel nous étions largement revenus dans un précédent article, que vous pouvez consulter ici.
À l’origine de cette première offensive : un puissant blocage anticyclonique installé sur l’Europe occidentale. Une configuration atmosphérique qui allait devenir le véritable fil rouge de l’été 2026, se reproduisant à plusieurs reprises et favorisant successivement une 2e, une 3e, puis une 4e canicule au fil des semaines.

Sur les 3 mois d’été météorologique – juin, juillet, août -, l’indicateur thermique national s’élève à 24,0°C, soit une anomalie de +3,6°C par rapport à la normale 1991-2020. L’été 2026 devient ainsi le plus chaud observé en France depuis le début des mesures en 1900, très largement devant les précédentes références : 2003 (+2,7°C) et 2022 (+2,3°C).
Fait remarquable : c’est en Vendée qu’a été relevée la température la plus élevée de France au cours de cet été 2026, avec une valeur tout à fait exceptionnelle de 44,7°C aux Herbiers, le 23 juin 2026.
Chaleur, sécheresse, soleil, records… Revenons en détail sur les principaux faits marquants de cet été historique en Vendée.
JUIN
Après la 1ère canicule de la fin mai, un flux océanique ramène temporairement des conditions plus fraîches au début du mois de juin. Cette parenthèse est toutefois de courte durée.
A partir de la mi-juin, et plus particulièrement durant la dernière décade, un puissant blocage anticyclonique se met en place sur l’Europe occidentale. Il favorise des conditions durablement stables, sèches et très ensoleillées sur la France. Dans le même temps, une goutte froide positionnée au large de la péninsule Ibérique favorise la remontée d’une masse d’air extrêmement chaud en provenance du Maghreb. Cet air brûlant se retrouve alors piégé durant plusieurs jours sous cette « cloche » anticyclonique européenne.
Cette configuration particulièrement remarquable aboutit à la 2ème canicule de l’année, qui frappe la Vendée du dimanche 21 au samedi 27 juin 2026.
Températures
Le mois débute dans une ambiance relativement fraîche, avec des températures évoluant 2 à 3°C sous les normales durant la première décade. La tendance s’inverse à partir des 13 et 14 juin, avant une nette intensification de la chaleur à compter des 20 et 21 juin. Le pic caniculaire est atteint les 23 et 24 juin. La Vendée est placée en vigilance rouge canicule du 21 au 25 juin.
L’épisode prend alors une dimension historique : toutes les stations météorologiques vendéennes battent leur record absolu de chaleur. En voici le bilan :

Quelques chiffres permettent de mesurer l’ampleur de l’événement :
- À Fontenay-le-Comte, le précédent record absolu remontait à la canicule de 2003. Il est dépassé de 1,8°C.
- À La Mothe-Achard, un record vieux de 77 ans, établi en 1949, est à son tour battu de 2,4°C.
- Sur l’Île d’Yeu, le précédent record absolu est pulvérisé de 5,1°C, avec une nouvelle référence portée à 41,1°C.
- Sur la quasi-totalité des stations, les anciens records mensuels de juin sont dépassés de 3 à 4°C, parfois davantage.
Les nuits sont également tropicales, notamment celle du 24 au 25 juin, durant laquelle plusieurs records absolus de températures minimales sont battus. Au plus bas de la nuit, il fait encore 28,8°C à La Gaubretière, 28,1°C à Pouzauges et 27,2°C aux Sables-d’Olonne.
À l’issue de cette canicule, toutes les stations vendéennes disposent désormais d’un record absolu supérieur à 40,0°C, y compris les îles. Le nouveau record départemental est établi à 44,7°C aux Herbiers. Une valeur vertigineuse, située à seulement 1,3°C du record absolu de chaleur en France métropolitaine (46,0°C dans l’Hérault).
Malgré la fraîcheur observée en début de mois, la chaleur exceptionnelle de la seconde quinzaine fait largement basculer le bilan mensuel dans l’excès. Les températures moyennes mensuelles s’établissent ainsi très largement au-dessus des normales :
- À La Roche-sur-Yon, la température minimale moyenne atteint 15,1°C, soit +2,8°C par rapport aux normales 1991-2020. La température maximale moyenne grimpe quant à elle à 28,7°C, soit une anomalie remarquable de +5,9°C.
- À l’échelle départementale, les températures minimales moyennes s’échelonnent de 13,7°C à Saint-Fulgent (+1,5°C) à 17,0°C à Noirmoutier-en-l’Île (+2,7°C). Les maximales moyennes vont de 24,7°C sur l’île d’Yeu (+3,8°C) à 30,9°C à Chantonnay (+6,3°C).
Précipitations
Dans la continuité de la dernière décade de mai, le mois de juin 2026 est particulièrement sec en Vendée. Quelques perturbations océaniques parviennent encore à apporter des pluies entre le 1er et le 9 juin, mais celles-ci restent faibles et insuffisantes.
Sur l’ensemble du mois, il ne tombe généralement que 10 à 30 mm, contre de 40 à 60 mm habituellement, soit des déficits pluviométriques compris entre 35 et 75 % selon les secteurs.
Quelques cumuls mensuels :
- 11,0 mm à Jard-sur-Mer (-75 %)
- 13,1 mm aux Herbiers (-74 %)
- 16,7 mm à La Roche-sur-Yon (-63 %)
- 18,4 mm sur l’île d’Yeu (-56 %)
- 20,6 mm aux Sables-d’Olonne (-46 %)
- 23,5 mm à Sainte-Gemme-la-Plaine (-43 %)
- 24,4 mm à Noirmoutier-en-l’Île (-34 %)
- 27,6 mm à Rocheservière (-38 %)
Un violent orage éclate dans la soirée du 24 juin, au terme d’une journée caniculaire. Entre Fontenay-le-Comte et Luçon, de fortes rafales de vent et des chutes de grêle provoquent plusieurs dégâts. Une pointe à 107 km/h est notamment relevée à Sainte-Gemme-la-Plaine. Les sapeurs-pompiers effectuent 49 interventions dans 20 communes au cours de la soirée.
Des images particulièrement impressionnantes nous sont également parvenues grâce à nos internautes :
- Vidéo filmée aux alentours de Luçon par Sandrine BOUHIER
- Vidéo filmée au CHD de Luçon par Clément Daleau
Aucun secteur du département n’échappe donc au déficit pluviométrique. Ce mois de juin très sec vient ainsi aggraver une sécheresse déjà bien installée à la fin du printemps.
Ensoleillement
Sans grande surprise, l’ensoleillement est très largement excédentaire au cours de ce mois de juin 2026.
Avec 315 heures de soleil à La Roche-sur-Yon (+37 %) et 329 heures aux Sables-d’Olonne (+19 %), de nouveaux records mensuels d’ensoleillement sont établis. Les précédentes références, enregistrées lors des mois de juin 2025 et juin 2015, sont ainsi dépassées.
Ces valeurs remarquables s’expliquent par la prédominance des hautes pressions, qui ont durablement limité le passage des perturbations et favorisé des journées très souvent sèches et ensoleillées.
Juillet
Au cœur de l’été 2026, la chaleur ne faiblit pas. Les conditions anticycloniques, très sèches et très ensoleillées persistent, donnant à la Vendée des allures de climat méditerranéen, bien loin de son climat océanique habituel.
Une 3ème canicule touche le département du dimanche 5 au mercredi 15 juillet 2026. Il s’agit de la plus durable de l’été, bien qu’elle soit moins intense que celle de juin. Les températures atteignent malgré tout les 40 à 41°C sous abri.
La seconde quinzaine retrouve des conditions plus classiques pour un été vendéen, avec des températures toujours supérieures aux normales mais davantage supportables, hormis un nouveau pic de chaleur les 28 et 29 juillet.
Températures
Juillet 2026 entre dans l’histoire : tous mois confondus, il devient le mois le plus chaud jamais enregistré en Vendée.
La température moyenne mensuelle atteint 23,7°C à Noirmoutier-en-l’île (+4,1°C), 24,4°C aux Sables-d’Olonne (+4,6°C), 24,7°C à La Roche-sur-Yon (+5,3°C) et 25,7°C à Chantonnay (+5,2°C).
L’occurrence de jours de fortes chaleurs est tout aussi exceptionnelle. À La Roche-sur-Yon, 20 journées atteignent ou dépassent 30°C, contre seulement 3,9 en moyenne. La température maximale moyenne atteint 32,2°C (+7,3°C), pulvérisant le précédent record mensuel de 30,3°C, établi en août 2003.
Lors de la canicule, les températures les plus élevées atteignent :
- 41,4°C à La Mothe-Achard (le 12)
- 40,4°C à Fontenay-le-Comte (le 12)
- 40,3°C à Chantonnay (les 10 & 12)
- 39,7°C à La Roche-sur-Yon (le 12)
- 39,5°C aux Sables-d’Olonne (le 12)
- 39,0°C à Pouzauges (le 12)
- 38,4°C au Perrier (le 12)
- 37,9°C à Noirmoutier-en-l’Île (le 12)
- 37,2°C sur l’Île d’Yeu (le 12)
Au-delà de ces pics, c’est surtout la persistance de températures très élevées pendant une grande partie du mois qui caractérise ce mois de juillet hors norme.
Précipitations
Les pluies deviennent extrêmement rares. Quelques averses ou orages humidifient ponctuellement les sols, mais leurs effets restent très localisés et inefficaces pour enrayer la sécheresse.


Les cumuls mensuels s’échelonnent de seulement 1,6 mm sur l’île d’Yeu à 31,6 mm à Mortagne-sur-Sèvre, où deux orages ont apporté 9 mm le 11 juillet et 19 mm le 18 juillet. Sur une grande partie du département, le déficit pluviométrique atteint 75 à 95 %.
Quelques cumuls mensuels :
- 1,6 mm sur l’île d’Yeu (-95 %)
- 1,8 mm à Noirmoutier-en-l’Île (-95 %)
- 3,6 mm à Fontenay-le-Comte et à Rocheservière (-93 %)
- 3,8 mm aux Herbiers (-93 %)
- 4,8 mm à La Mothe-Achard (-90 %)
- 7,4 mm à La Roche-sur-Yon (-85 %)
- 9,6 mm aux Sables-d’Olonne (-72 %)
- 11,2 mm à Sainte-Gemme-la-Plaine (-75 %)
- 13,5 mm à Pouzauges (-74 %)
- 19,1 mm à Palluau (-59 %)
- 31,6 mm à Mortagne-sur-Sèvre (-40 %)

La sécheresse prend alors un caractère exceptionnel. La végétation jaunit précocement, certains arbres commencent à perdre leurs feuilles et le stress hydrique devient très marqué.
Dans ce contexte, plusieurs incendies se déclarent en Vendée au cours de l’été, brûlant localement plusieurs hectares de végétation.
La journée du 24 juillet est également marquée par le survol d’un important panache de fumée provenant d’un incendie déclaré quelques jours plutôt à Lège-Cap-Ferret, en Gironde. Transportées par les vents jusqu’à la Vendée, ces fumées donnent temporairement au ciel un aspect voilé et confèrent au soleil une teinte et une luminosité inhabituelles.
Ensoleillement
Sous l’effet de conditions anticycloniques persistantes, l’ensoleillement atteint lui aussi des niveaux exceptionnels. À La Roche-sur-Yon, pas moins de 23 journées enregistrent plus de 12 heures de soleil.
Avec 384 heures d’ensoleillement (+59 %), la station établit un nouveau record absolu. La Roche-sur-Yon figure même parmi les stations les plus ensoleillées de France au cours de ce mois de juillet : c’est davantage que Montpellier (360 heures), quasiment autant que Marseille (385 heures) et à peine moins que Nice (391 heures).
Aux Sables-d’Olonne, le total atteint 383 heures, soit le deuxième mois le plus ensoleillé jamais observé sur la station, tout près du record établi en juillet 2022.
août
Le mois d’août présente deux visages bien distincts. Jusqu’au 20 août, les fortes chaleurs dominent très largement, dans la continuité des mois de juin et juillet. La dernière décade marque en revanche une nette rupture, avec le retour d’un flux océanique plus frais et de températures beaucoup plus proches des normales saisonnières.
Températures
Le principal temps fort du mois reste la 4ᵉ canicule de l’été, qui atteint son paroxysme entre le 11 et le 14 août. Durant plusieurs journées consécutives, les températures franchissent à nouveau la barre symbolique des 40°C. Le thermomètre grimpe jusqu’à 42,4°C aux Herbiers, tandis que 7 records mensuels de chaleur sont battus en Vendée.
Sur l’ensemble du mois, les températures minimales moyennes oscillent entre 16,1°C à Rocheservière (+2,9°C) et 17,9°C sur les îles vendéennes (+1,7°C). S’agissant des maximales moyennes, on relève de 26,1°C sur l’île d’Yeu (+2,9°C) à 31,3°C pour Chantonnay (+4,5°C).
Le changement de temps observé après le 20 août, sous l’impulsion d’un système dépressionnaire sur le proche atlantique, permet finalement de retrouver des températures sensiblement plus respirables, avec même quelques matinées fraîches. Cette baisse tardive ne suffit toutefois pas à effacer l’important excédent accumulé au cours des trois premières semaines : août 2026 reste ainsi nettement plus chaud que la normale sur l’ensemble du département.
Précipitations
C’est sec… très sec voire même désertique ! Jusqu’au 20 août, la pluie reste quasiment absente et la végétation apparaît littéralement grillée après plusieurs semaines de chaleur et de sécheresse.
Nous avons établi un comparatif des images satellite prises au 12 août en 2024, 2025 et 2026. Le constat est sans appel : en 2026, le dessèchement de la végétation est clairement visible depuis l’espace, tandis qu’en 2024 les sols étants nettement plus verdoyants.

Heureusement, la pluie fait son retour à compter du 22 et 23 août. Elle est d’abord apportée par des orages, parfois accompagnés d’importants abats d’eau. Le 24 août, par exemple, un orage déverse 55 mm à Saint-Martin-de-Fraigneau.
La journée du 27 août est ensuite marquée par un épisode orageux important au cours de l’après-midi. Plusieurs communes sont touchées par des chutes de grêle, avec des grêlons atteignant localement de 2 à 4 cm de diamètre ! Les cumuls de pluie sont également conséquents : jusqu’à 66 mm à La Gaubretière, 47 mm à Mortagne-sur-Sèvre et 44 mm aux Herbiers.
Sur l’ensemble du mois d’août, les cumuls s’échelonnent de seulement 22,6 mm à Grues à 95,7 mm à La Gaubretière, témoignant d’importantes disparités locales. On relève notamment :
- 31,7 mm aux Sables-d’Olonne (-32 %)
- 43,6 mm au Perrier (-1 %)
- 43,9 mm à La Mothe-Achard (-26 %)
- 48,4 mm à Pouzauges (-5 %)
- 54,8 mm à La Roche-sur-Yon (+5 %)
- 58,3 mm sur l’île d’Yeu (+28 %)
- 69,7 mm aux Herbiers (+29 %)
- 72,2 mm à Fontenay-le-Comte (+42 %)

Sous l’effet de ces pluies orageuses localisées, certains secteurs terminent donc le mois avec un excédent pluviométrique, tandis que d’autres restent nettement déficitaires.
Malgré ces disparités, le retour des précipitations constitue une véritable bouffée d’oxygène pour la faune et la flore, durement éprouvées par un déficit hydrique devenu considérable au fil de l’été. Ces pluies permettent notamment d’atténuer la sécheresse de surface, sans pour autant effacer les conséquences de plusieurs mois exceptionnellement secs.
Ensoleillement
Le soleil nous honore généreusement de sa présence jusqu’au 22 août, avant que les conditions ne deviennent plus nuageuses en fin de mois.
À La Roche-sur-Yon, il brille pendant pas moins de 279 heures, soit un excédent de 18 % par rapport à la normale. Le constat est similaire sur la Côte de Lumière, avec 297 heures d’ensoleillement aux Sables-d’Olonne, soit 11 % de plus que la normale.
Malgré ces valeurs élevées, l’ensoleillement du mois n’a toutefois rien d’exceptionnel à l’échelle des archives : août 2026 se classe au 10ᵉ rang des mois d’août les plus ensoleillés à La Roche-sur-Yon, et au 5ᵉ rang aux Sables-d’Olonne.
Ce temps très lumineux nous aura également offert des conditions idéales pour profiter pleinement de l’un des événements astronomiques majeurs de notre vie : l’éclipse solaire du 12 août 2026 avec un taux d’occultation de 96 %.
En voici deux magnifiques clichés:


Bilan de l’été 2026
Cet été 2026 restera durablement dans les mémoires. Il se classe comme le plus chaud jamais observé, devant les étés 2003 et 2022 et s’inscrit dans la continuité d’une succession d’étés particulièrement chauds ces dernières années, dans un contexte de réchauffement climatique désormais inéluctable.
Températures
Sur les 3 mois d’été météorologique, la chaleur s’est imposée avec une remarquable constance. Les températures ont été supérieures aux normales de saison près de 85 % de notre été, avec plusieurs épisodes de chaleur intense et des pics exceptionnels.
Le graphique ci-dessous retrace l’évolution des températures minimales (courbe bleue) et maximales (courbe rouge) du 1er juin au 31 août 2026, comparées aux moyennes quotidiennes. Il met clairement en évidence la domination des anomalies positives : hormis quelques périodes plus fraîches au début du mois de juin et durant la dernière décade d’août, les températures sont restées presque continuellement au-dessus des normales.

Les températures minimales moyennes affichent un excédent de +2,9°C à La Roche-sur-Yon. A l’échelle du département, l’anomalie varie de +2,4 à Noirmoutier-en-l’île à +3,2°C à Sainte-Gemme-la-Plaine, dans l’intérieur des terres.
L’écart est encore plus spectaculaire pour les températures maximales moyennes. Il atteint pas moins de +5,9°C pour la préfecture vendéenne, tandis que l’anomalie oscille entre 3,9°C à Noirmoutier-en-l’île à 6,4°C à Saint-Fulgent. Une nouvelle fois, c’est dans l’intérieur des terres que l’excédent thermique est le plus marqué.

Le nombre de journées de forte chaleur, avec une température atteignant ou dépassant les 30°C, constitue également un indicateur particulièrement révélateur du caractère hors norme de cet été. Et les chiffres pulvérisent tous les précédents records.
Dans l’intérieur de la Vendée, on recense généralement entre 55 et 65 jours, avec un maximum de 66 jours à Chantonnay. C’est très largement supérieur aux 45 journées enregistrées durant l’été 2003 et représente, selon les secteurs, 2 à 4 fois la normale.
Sur le littoral, l’influence océanique a quelque peu limité les excès, mais les chiffres restent eux aussi remarquables. Les îles comptabilisent généralement 25 à 30 journées à 30 °C ou plus, tandis que le total atteint 40 jours aux Sables-d’Olonne. À Noirmoutier, cela représente plus de 4 fois la normale, et jusqu’à 7 fois la normale sur l’île d’Yeu.
| Nombre de jours avec : | T°C ≧ 30°C | T°C ≧ 35°C | T°C ≧ 40°C |
|---|---|---|---|
| Chantonnay | 66 | 34 | 10 |
| Fontenay-le-Comte | 63 | 32 | 7 |
| Île d’Yeu | 25 | 5 | 1 |
| La Mothe-Achard | 54 | 20 | 4 |
| La Roche-sur-Yon | 54 | 23 | 4 |
| Les Herbiers | 65 | 34 | 9 |
| Les Sables-d’Olonne | 40 | 10 | 1 |
| Noirmoutier-en-l’île | 28 | 7 | 1 |
| Palluau | 62 | 29 | 6 |
| Sainte-Gemme-la-Plaine | 60 | 25 | 4 |
Les journées de chaleur extrême, avec 40°C ou plus, ont aussi atteint une fréquence tout à fait exceptionnelle. On en dénombre 10 à Chantonnay, 9 aux Herbiers, 7 à Fontenay-le-Comte, 4 à La Roche-sur-Yon et même 1 journée sur les îles et le littoral.
Ces chiffres prennent une dimension encore plus remarquable lorsque l’on sait que la fréquence climatologique annuelle d’une température atteignant 40°C est généralement inférieure à 0,1 jour par an. Autrement dit, dans le climat vendéen habituel, franchir ce seuil constitue un événement extrêmement rarissime. Au cours de l’été 2026, il s’est pourtant répété à plusieurs reprises.
Précipitations
Après la chaleur, la sécheresse constitue probablement le deuxième enseignement majeur de cet été 2026. À une pluviométrie très déficitaire s’est ajoutée une évapotranspiration particulièrement importante sous l’effet des fortes chaleurs, accentuant rapidement l’assèchement des sols et de la végétation.
Le mois de juin est déjà nettement sec, avec des déficits souvent compris entre 40 et 60 %. À La Roche-sur-Yon, il ne tombe que 16,7 mm, soit environ 63 % de moins que la normale.
La situation se dégrade encore en juillet, mois durant lequel les précipitations deviennent quasiment absentes sur une grande partie du département. Les cumuls sont souvent inférieurs à 5 mm et le déficit atteint jusqu’à 80 à 90 % localement.
Il faut attendre la fin du mois d’août pour assister à un véritable changement de régime, avec le retour de plusieurs dégradations orageuses puis de perturbations océaniques. Les cumuls redeviennent plus importants, dépassant localement 50 à 80 mm, mais ils restent très hétérogènes..

Au total sur l’été, il est tombé de 60 à 80 mm de pluie en moyenne, jusqu’à 100 voire 120 mm pour les secteurs les plus arrosés. Cela correspond à un déficit de 40 à 55 %, soit environ deux fois moins de pluie que lors d’un été normal. Derrière cette moyenne se cache toutefois d’importantes disparités locales directement liées aux trajectoires des différents épisodes orageux.
Ensoleillement
La remarquable récurrence des conditions anticycloniques a également permis au soleil de s’imposer sans difficulté durant ces 3 mois.
Avec 1 010 heures de soleil sur le littoral et 978 heures à La Roche-sur-Yon, l’été 2026 devient le plus ensoleillé jamais observé sur ces deux stations. Il dépasse ainsi les précédents records établis durant l’été 2022 avec 965,5 heures aux Sables-d’Olonne et 888,8 heures à La Roche-sur-Yon.
Sur le littoral, l’ensoleillement franchit même la barre symbolique des 1000 heures, soit un excédent de 18 % par rapport à la normale. A La Roche-sur-Yon, l’anomalie est encore plus impressionnante, de l’ordre de 38 %.
A elle seule, cette durée d’ensoleillement illustre parfaitement le caractère exceptionnellement stable, sec et anticyclonique de l’été 2026.
Et la suite ?
Le nombre de vagues de chaleur s’accélère sensiblement depuis les années 2000. Le graphique de Météo-France ci-dessous l’illustre parfaitement : depuis 1947, 54 vagues de chaleur ont été recensées en France. Plus de la moitié se sont produites après 2010, en seulement une quinzaine d’années, alors que l’autre moitié s’était répartie sur plus de 60 ans auparavant.

Parmi tous ces épisodes, la canicule du 17 au 30 juin 2026 restera particulièrement remarquable par sa précocité exceptionnelle et son intensité. Celle qui s’est étendue du 28 juillet au 19 août n’est toutefois pas en reste : par sa durée, elle égale la plus longue vague de chaleur observée jusqu’alors en France, celle du 9 au 31 juillet 1983.
Et cette évolution devrait se poursuivre dans les prochaines décennies. Avec le réchauffement climatique, les épisodes de chaleur sont appelés à devenir plus fréquents, plus intenses et potentiellement plus durables. Leur période d’occurrence devrait également s’élargir, avec des vagues de chaleur pouvant survenir de plus en plus tôt au printemps et se prolonger davantage en fin d’été, voire au début de l’automne.
À l’inverse, les périodes de fraîcheur et de froid ne disparaîtront pas. Elles continueront ponctuellement de rythmer notre climat, mais devraient devenir moins fréquentes, moins durables et généralement moins intenses, tandis que les épisodes de chaleur occuperont une place croissante.
Face à cette évolution déjà largement perceptible, l’adaptation devient incontournable. Aménagement de nos villes et de nos logements, gestion de la ressource en eau, évolution des pratiques agricoles, protection des populations les plus vulnérables ou encore prévention du risque d’incendie : notre territoire devra progressivement s’adapter à des étés plus chauds, plus secs et davantage exposés aux extrêmes climatiques.
L’été 2026 en constitue sans doute une nouvelle illustration : ce qui paraissait encore exceptionnel il y a quelques décennies tend désormais à devenir beaucoup plus fréquent.
Nous devons nous adapter à l’évolution de notre climat afin d’adopter les bons gestes pour nous protéger et préserver notre environnement 🌍 !
